Et si le théâtre vous conviait à une drôle de leçon d’économie pour débutants? C’est ce que propose Jean-François Boisvenue avec La dette de Dieu. Ce solo le mettant en vedette et qu’il a lui-même écrit, conçu et mis en scène traite du sujet de l’endettement avec humour et créativité.

Tout commence par un emprunt au Diable

Le comédien est détenteur d’une maîtrise en études allemandes.  Pas étonnant donc que La dette de Dieu soit inspirée d’un texte d’un auteur allemand.

Dans « Le nouveau Ministère », Heinrich Heine explique l’origine du Mal par le fait que Dieu ayant manqué d’argent pour créer le monde fut contraint d’emprunter au Diable. C’est ce qui sert de prémisse à ce spectacle sur l’endettement.

Danse, Théâtre et Rock

Jean-François Boisvenue est fort intéressé par la recherche et ses œuvres présentent toujours un aspect documentaire. La dette de Dieu n’y fait d’ailleurs pas exception.

Avec toutes les informations et les statistiques contenues dans le texte, le résultat aurait très bien pu se rapprocher d’un long cours magistral.

Or, le créateur a choisi de faire passer ses messages à travers plusieurs tableaux allant de la danse au théâtre en passant par le spectacle rock.

Un bon vulgarisateur

Reste que de se faire parler d’économie et d’endettement pendant une heure pourrait être lourd.

Ce n’est pas le cas ici car Jean-François Boisvenue possède un grand talent pour la vulgarisation.

Les gens moins familiers avec certains concepts sortiront d’ailleurs de la pièce avec une meilleure connaissance de ce que sont les « subprimes », par exemple.

Discours de Philippe Couillard façon rock star

De plus, le tout est fait avec énormément d’humour et d’une manière très vivante. Le meilleur exemple est le discours de Philippe Couillard au conseil des ministres repris intégralement, mais livré à la façon d’une rock star.

Le comédien s’accompagne à la guitare et souligne certains passages d’un riff endiablé.

La dette de Dieu fait rire et réfléchir

En plus de tous les passages drôles, des moments plus introspectifs et émouvants font aussi partie de cet essai scénique.

Par exemple, lorsque l’auteur, auquel plusieurs spectateurs s’identifieront sans doute, nous parle de son propre endettement et des angoisses qu’il lui cause.

Un spectacle qui fait rire, mais aussi beaucoup réfléchir.

À l’affiche

La dette de Dieu est présentée au Théâtre La Chapelle Scènes contemporaines les 10, 12 et 13 avril.

Crédit photos: Gopesa Paquette