Une poésie décapante créée par Josée Yvon, surnommée « la fée mal tournée », qui dénonce l’oppression sociale à travers des images violentes comme le meurtre, les médicaments ou le viol. C’est ce que nous propose présentement le Théâtre Denise-Pelletier avec la pièce La femme la plus dangereuse du Québec. C’est « trash » mais percutant!

Un bol de toilette, une table remplie de bouteilles de bières et un frigo avec le mot plote écrit avec des lettres aimantées. Dans ce décor enfumé et minimaliste se déroule une véritable joute verbale trash entre La Femme, L’Autre Femme et L’Homme.

Comme fil conducteur, en majeure partie, les mots mêmes de Josée Yvon retrouvés dans vingt-quatre boites d’archives. Un peu à  la manière d’un collage où la réalité et la fiction s’entremêlent. En tant que spectateur, on en perd nos repères et c’est tant mieux.

La mise en scène éclatée est assurée par Maxime Carbonneau. Dany Boudrealt et Sophie Cadieux signent l’adaptation des archives (70%) et des textes (18%). Les trois comédiens, Ève Pressault, Nathalie Claude et Philippe Cousineau, évoluent dans cet univers marginal avec brio.

Ils sont tout simplement sublimes et troublants de véracité, se lancent les mots de la poétesse mais aussi ceux de son partenaire de vie et complice créateur, Denis Vanier. On y entendra d’ailleurs la véritable voix de Josée Yvon dans un extrait enregistré lors du Solstice de la poésie québécoise en 1976.

Le problème des intellectuels […], des universitaires, […] c’est qu’ils n’ont jamais mangé de marde et qu’ils ont peur derrière leurs grilles d’analyse. J’écris pas pour les détectives-structuralistes, j’écris pour les putains de la Main… Ainsi parlait Josée Yvon de son écriture.

On peut adhérer ou non à  la lecture que Dany Boudreault et Sophie Cadieux ont fait des textes que certains ont surnommé « la fée mal tournée » mais des voix comme celles de Josée Yvon sont essentielles afin de nous faire prendre conscience de l’infini beauté dans la laideur et pour qu’on donne la parole aux laissés-pour-compte, à  ceux que la société rejette du revers de la main.

Avec ses mots durs, criants de lucidité et d’actualité, on ne peut que constater la grande sensibilité de celle que l’on considère comme l’écrivaine la plus dangereuse du Québec.

La femme la plus dangereuse du Québec, production de La messe basse, est à l’affiche jusqu’au 28 octobre.

 

 

 

 

 

Crédit-photos: Gunther Gamper