Le 26 septembre 2017, Rachel Graton amorçait de façon très prometteuse sa résidence de deux ans à la salle Jean-Claude-Germain du Centre de Théâtre d’Aujourd’hui. Sa toute première création, La nuit du 4 au 5, est une histoire d’agression sexuelle et de résilience inspirée d’un événement  similaire vécu par la jeune auteure.

La pièce débute avec l’agression d’une jeune fille survenue dans la nuit du 4 au 5. Ses cris ont réveillé les voisins qui ont appelé la police. En attendant que la victime arrive à  raconter son agression, on entend leur version des faits, mais aussi tous les ragots qui courent dans le voisinage.

On suivra ensuite le processus qui lui permettra de retrouver la mémoire, mais aussi de s’affranchir de ces douloureux souvenirs.

À la façon d’une chorale pour apporter des nuances au récit

Plutôt que de donner la parole seulement au personnage principal, l’auteure a choisi de mettre les mots dans la bouche de toute la distribution, à  la façon d’une chorale. Donc, les cinq interprètes s’échangent les rôles, dont celui de la jeune fille. Ce qui a priori pourrait sembler difficile à suivre est plutôt une façon brillante d’apporter des nuances au récit.

Les différents tableaux se déroulent sur une structure grillagée qui passe de scène de crime, à  appartement, puis à  chambre d’hôpital. Les acteurs jouent dans le noir, éclairés par un filet de lumière, ce qui illustre à  merveille l’ambiance lourde qui se dégage des événements.

Décor minimaliste, trame sonore réduite au minimum et éclairage discret, tout a été pensé pour laisser toute la place au texte La nuit du 4 au 5. Celui-ci est  d’ailleurs si puissant que l’auteure a été récompensée par le prix Gratien-Gélinas pour son écriture.

La nuit du 4 au 5 devait d’abord être présentée jusqu’au 14 octobre, mais des supplémentaires ont été ajoutées jusqu’au 21 octobre. Hâtez-vous de vous procurer des billets. Ceux-ci s’envolent rapidement et avec raison!

Avec  Geneviève Boivin-Roussy, Louise Cardinal, Johanne Haberlin, Simon Landry-Désy et Alexis Lefebvre, dans une mise en scène de Claude Poissant.

Crédit-photos: Philippe Latour