Jusqu’au 26 avril, Le Théâtre Denise-Pelletier présente La société des poètes disparus de Tom Schulman. Une adaptation du film culte de Peter Weir où brillait le regretté Robin Williams. Le passage du grand écran aux feux de la rampe de la scène est une véritable réussite. 

Amérique stagnante

Nous sommes aux États-Unis en 1959, en pleine guerre froide, à peine sortis des sombres années du maccarthysme.

Toutefois, dans cette Amérique hostile à l’évolution où règnent patriotisme et morale pudibonde, un vent rafraîchissant de progressisme commence à souffler.

La beat génération se pointe à l’horizon. Elle est incarnée par des artistes et des intellectuels libres penseurs prêts à tout bousculer.

Prof révolutionnaire

L’action se déroule dans la prestigieuse et rigoureuse Welton Academy où l’on forme à la dure, les futurs dirigeants pragmatiques de la société américaine bien-pensante.

À l’ombre du drapeau américain et sous le regard strict du directeur à la poigne de fer, Monsieur Nolan, les étudiants scandent le crédo de la vénérable institution : Discipline, Excellence, Honneur, Tradition.

Alors que les adolescents bêlent à l’unisson les principes inculqués, Monsieur Keating (convaincant Patrice Dubois), professeur de littérature hors norme, va les aider à trouver leur propre voie, par la prise de parole et la poésie.

Inspirés par ce pédagogue anti conformiste, les jeunes recréeront alors la « Société des poètes disparus », une sorte de club clandestin pour esprits libres dont Keating fut autrefois l’un des membres influents.

Galvanisés par leur prof, le réservé Todd Anderson, le bouillant Charlie Dalton et le sensible Neil Perry vont s’affirmer de plus en plus, remettant en question l’ordre établi.

L’influence de Keating sur les jeunes et ses méthodes novatrices vont cependant se heurter au rigorisme de la direction et aux valeurs traditionnelles de certains parents.

S’en suivra un dénouement dramatique marqué par la peur et les désillusions.

La société des poètes disparus – Un pari réussi

La traduction de Maryse Warda, la mise en scène de Sébastien David, la scénographie de Jean Bard ainsi que la solide distribution concourent à faire de cette pièce un franc succès.

Cette production n’a pas à souffrir de comparaisons douteuses avec l’oeuvre cinématographique.

L’adaptation théâtrale traduit avec justesse l’exaltation ainsi que le tragique destin de Keating et de ses étudiants.

Le jeu sensible de la plupart des interprètes et la poésie de plusieurs tableaux créent des moments d’émotions si forts qu’on n’aimerait ne pas les voir disparaître.

Le Théâtre Denise-Pelletier vise dans le mille en présentant La Société des Poètes disparus.

Cette pièce s’inscrit à merveille dans le cadre des matinées étudiantes. Elle apporte le souffle et l’espoir dont beaucoup d’enseignants ont bien besoin par les temps qui courent…

La Société des poètes disparus est à l’affiche du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 26 avril

Auteur: Tom Schulman

Traduction: Maryse Warda

Mise en scène: Sébastien David

Distribution: Mustapha Aramis, Jean-François Casabonne, Patrice Dubois, Gérald Gagnon, Maxime Genois, Simon Landry-Désy, Étienne Lou, Anglesh Major, Alice Moreault, Émile Schneider

Crédit photo : Gunther Gamper

Texte: Dominique Denis