La vie littéraire est de retour à La Chapelle, où il avait remporté un succès enviable l’an dernier. Ce spectacle de «littérature en formule stand-up» mettant en vedette Mathieu Arsenault est présenté dans le cadre du Festival international de littérature. Quoi de plus approprié pour un tel événement qu’une performance scénique abordant des thèmes tels l’urgence d’écrire et la peur d’être oublié!

L’auteur en scène

C’est le livre La vie littéraire qui est au cœur de cette œuvre théâtrale. C’est Christian Lapointe qui en a signé l’adaptation scénique.

Le metteur en scène a décidé que ce serait l’auteur lui-même qui nous livrerait son texte, nous dévoilant ainsi ses talents de performeur.

Seul sur scène, Mathieu Arsenault se lance dans un monologue ininterrompu, dont le débit et le volume varient selon l’intensité des propos.

D’un seul souffle

Le texte étant écrit sans ponctuation, l’interprète nous livre sa pensée d’un seul souffle.

Suspendu à ses lèvres, le public ressent toute l’angoisse du personnage qui aspire à devenir «la reine de la création littéraire» au moment même où les gens n’ont plus le temps de lire.

L’industrie culturelle égratignée

Pendant 45 minutes, cette fille qui «aurait voulu écrire ce glorieux livre de poche qu’on traîne partout» nous livre ses états d’âme tout en critiquant au passage l’industrie culturelle.

Dans une langue crue et bien de son temps, elle confronte le public à ses habitudes de consommation, mais lève aussi le voile sur une crainte de ses contemporains, celle d’être oubliés, effacés.

La vie littéraire un flot de mots

Or, un tel flot de mots peut évidemment être difficile à suivre par moments.

Cela n’enlève toutefois rien à la pertinence et à la beauté du spectacle, puisque Mathieu Arsenault incarne le texte dans toute son intensité.

Le spectateur n’a qu’à se laisser porter.

À La Chapelle jusqu’au 29 septembre

La vie littéraire est présentée à La Chapelle les 25-26-28 et 29 septembre. La programmation complète du FIL est disponible sur le site du Festival.

Auteur et interprète: Mathieu Arsenault

Mise en scène: Christian Lapointe

Crédit photo: Arnaud Ruelens-Lepoutre

Texte: Nancie Boulay