En cette période de crainte mondiale du coronavirus, la pièce Le malade imaginaire de Molière demeure dans le ton.   C’est toutefois loin d’être tragique. Bien au contraire, on s’amuse ferme au Théâtre du Rideau Vert avec Argan, ce faux malade, et les nombreux personnages, tout aussi loufoques, qui l’entourent. Un joyeux divertissement qui fait du bien!

La médecine à tout prix!

Hypocondriaque, Argan (Luc Guérin) a constamment besoin de médecins autour de lui.

Ce sont les docteurs Diafoirus (Patrice Coquereau) et Purgon (Didier Lucien) qui le soignent au quotidien.

Pour se sécuriser, il projette de marier sa fille Angélique (Anne-Marie Binette) au fils du Dr Diafoirus, Thomas (Frédérick Tremblay).

Ceci va provoquer des conflits dans la famille.

Mais, le frère (Benoit Maufette) et la servante Toinette (Violette Chauveau) ont plus d’un tour dans leur sac pour protéger Angélique des connivences de sa belle-mère (Émilie Lajoie) et du désir pernicieux de son père.

Angélique est en amour avec Cléante (Maxime Mompérousse).

Le malade imaginaire – Comedia dell’arte

Tout est loufoque dans cette pièce que le metteur en scène a teintée aux couleurs de la modernité du Québec, comme un clin d’œil.

Argan porte constamment une tuque aux couleurs du Canadien de Montréal ou un chapeau d’hiver à oreilles typiquement Québécois.

A la pièce, s’incorpore un extrait de « J’ai un bouton sur la langue » de La Bolduc chanté par les comédiens.

Par une formidable mise en scène, Michel Monty dose avec assurance les pitreries des acteurs.

En fait, il en fait une caricature burlesque soutenue par des costumes farfelus ou de style gothique, dont certains s’allument. Du divertissement fort réussi!

Tout est rodé au quart de tour!

Une distribution énergique

La pièce tourne autour de ce malade imaginaire.

Constamment sur scène, Luc Guérin, qui joue le rôle principal, réussit à merveille à personnifier avec conviction les différentes nuances de la vulnérabilité de son personnage. Un bouffon hypocondriaque nerveux, naïf et attachant en même temps.

Avec un jeu très physique, les comédiens se collent à l’effet Molière.

L’excellente prestation de ces acteurs, avec leur gestuelle délirante, leur ton ampoulé et leur mimique exagéré, gagne le public qui rit aux éclats à plusieurs reprises.

Ça fait du bien à cette période de l’année.

Le rire c’est le meilleur remède!

Le malade imaginaire une comédie plutôt féroce mais savoureuse comme Molière savait si bien les écrire.

Il se moque effrontément et sans vergogne de la médecine de son époque.

Quel bonheur de voir une pièce de ce grand auteur du XVIIe siècle, qui est et demeure rafraîchissante, drôle et caustique.

La pièce tient l’affiche du Théâtre du Rideau Vert jusqu’au 29 février, incluant les supplémentaires.

Mise en scène: Michel Monty

Avec: Anne-Marie Binette, Violette Chauveau, Patrice Coquereau, Luc Guérin, Émilie Lajoie, Didier Lucien, Benoit Maufette,  Maxime Mompérouss e,Frédérick Tremblay

Crédit Photos: Jean-François Hamelin

Texte: Micheline Rouette