Le Théâtre À l’eau froide en collaboration avec Christian Fortin et en codiffusion avec le Groupe de la Veillée présentent Le principe d’Archimède. Une pièce canon qui ébranle nos convictions.

Geste innocent ou agression sans retenue

Pierre, un moniteur de natation a supposément embrassé un jeune élève sur la bouche.

Une fillette de 7 ans qui aurait été témoin de l’incident rapporte l’événement à ses parents.

Très rapidement, la rumeur va se répandre comme une traînée de poudre et d’autres parents vont emboîter le pas et accuser le moniteur sur des ouï-dire.

Un père ira même jusqu’à questionner la directrice de la piscine sur l’orientation sexuelle du prof.

Mais, Pierre est-il coupable ou non ?

Minimaliste et grandiose à la fois

La mise en scène de Christian Fortin est minimaliste et grandiose à la fois.

On sent toute la lourdeur des accusations qui pèsent contre Pierre tout autant que la détresse d’Anne, la directrice de la piscine.

Les malaises sont palpables jusque dans les silences.

Les menus changements dans les déplacements lors des retours des flashbacks, entre autres, sont d’une grande finesse.

Le principe d’Archimède – Ni moralisateur, ni prêcheur

C’est là toute l’intelligence du texte de Josep Maria Miro.

Ce n’est ni moralisateur, ni prêcheur mais ça exige une introspection et une réflexion sur nos propres comportements.

Même la fin reste sans réponse.

Le spectateur n’ayant pas d’autre choix que de se questionner.

Les scènes avec le papa sont celles qui nous font le plus douter de l’innocence du moniteur.

Comment pourrait-il en être autrement ?

Un père ne veut-il pas protéger son enfant ?

Un questionnement du début à la fin

Mais en même temps, condamnons-nous trop rapidement ?

Sommes-nous trop protecteur ?

Trop paranoïaque ?

Cette zone grise et ambigüe sur laquelle repose la pièce nous met en pleine gueule que la présomption d’innocence, ce principe fondamental de notre système judiciaire, se perd.

Cette histoire est le parfait exemple d’un dérapage comme on en voit trop souvent dans les médias et sur les réseaux sociaux.

Une expérience comme on n’en a que très peu au théâtre.

Le spectateur sort ébranlé tout en ayant la liberté de réfléchir sur ce qu’il vient de vivre.

À l’affiche jusqu’au 16 novembre

À voir et à revoir au Théâtre Prospero jusqu’au 16 novembre

Texte: Josep Maria Miro

Mise en scène: Christian Fortin

Traduction: Juan Arango

Adaptation: Kariane Héroux-Danis

Distribution: Geneviève Alarie, Lucien A. Bergeron, Daniel D’Amours et Sébastien Rajotte

Crédit photos: Marie-Andrée Lemire

Texte: Tan Bélanger