« Comme une brique dans la poche ». L’expression de l’auteur exprime exactement la réflexion qu’il nous livre dans la pièce Le terrier.  Le Bostonnais David Lindsay-Abaire nous fait réfléchir, avec une note d’humour, sur un sujet sensible tel que la mort d’un fils. Habilement écrit, le texte est fort et les comédiens se l’approprient avec intensité et émotion. 

Présentée en 2016, au Théâtre Denise-Pelletier, la pièce avait obtenu beaucoup de succès. Cette année, c’est au tour du Théâtre Jean-Duceppe d’accueillir Le terrier.

Le terrier comme une tanière

Le terrier nous introduit dans la maison d’un couple qui a perdu un enfant, à la suite d’un accident.

Comme ils le peuvent, Becca (l’excellente Sandrine Bisson) et son mari Louis (l’impeccable Frédéric Blanchette) tentent de surmonter leur douleur.

Comment oublier l’inoubliable?

Ces deux êtres écorchés par le deuil passent par une gamme d’émotions… Ils veulent effacer les souvenirs liés à leur fils… Ils n’y arrivent pas.

Peut-être vendre la maison qui rappelle trop de souvenirs?

Peut-être se départir du chien trop dérangeant dans leur tourmente?

Peut-être s’isoler pour vivre intensivement l’absence de leur fils?

Rien n’y fait.

Même les encouragements réconfortants de la mère de Becca (la truculente Pierrette Robitaille).

Même la maternité de sa sœur Isa (la pétillante Rose-Anne Déry).

Même les excuses de Jason, celui qui a causé l’accident (le discret André-Luc Tessier).

Quelles seraient nos réactions?

Tout au long de cette heure et demie, on se demande : Quelle serait ma réaction dans de telles circonstances? Le deuil d’un être cher n’est pas facile à vivre.

Comme spectateur, on plonge dans ce drame humain parce que les comédiens y jouent avec leurs tripes et s’investissent totalement. Ils savent établir un équilibre entre ce sujet grave et des moments d’humour.

Focus sur les comédiens et le texte

Avec une scène complètement dépouillée, le metteur en scène Jean-Simon Traversy, aussi codirecteur de la compagnie Duceppe, laisse ingénieusement la part belle au texte et aux comédiens.

Par leur rythme et leur concentration, les acteurs nous amènent dans leur monde.

Sans décor, ni accessoire,  ils expriment l’essentiel des émotions, la fragilité des personnages ainsi que toute la vigueur du texte.

À l’exception d’une toute petite paire de baskets rouges placés sur la scène, les autres accessoires sont disposés sous la scène surélevée et ont tous un lien avec le déroulement de la pièce.

Qui est Tableau noir?

Présenté la première fois en 2016, Le terrier, qui a reçu le prix Pulitzer en 2007 et qui a été adapté au cinéma en 2010, est le premier projet de Tableau Noir.

En 2018, cette compagnie théâtrale nous a offert la pièce Je ne te savais pas poète, une remarquable adaptation de la correspondance entre Pauline Julien et Gérald Godin.

À l’affiche du Théâtre Jean-Duceppe

Le terrier est à l’affiche du Théâtre Jean-Duceppe jusqu’au 23 mars. Vous avez donc encore le temps d’assister à une formidable soirée de théâtre!

Texte : David Lindsay-Abaire

Distribution : Sandrine Bisson, Frédéric Blanchette, Rose-Anne Déry, Pierrette Robitaille, André-Luc Tessier.

Mise en scène : Jean-Simon Traversy

Traduction : Yves Morin

Crédit photos: Caroline Laberge

Rédaction: Micheline Rouette