Après le TNM, c’est au tour de La Chapelle Scènes Contemporaines de présenter une pièce d’un de nos dramaturges québécois, Marcel Dubé. Christian Lapointe revisite à la manière de sa génération une des pièces les plus connues de l’auteur, Les beaux dimanches. C’est frais, jeune et audacieux!

De surprise en surprise

Ce talentueux metteur en scène, auteur et comédien dans la quarantaine ne cesse de nous surprendre. Il y a quelque temps, Christian Lapointe nous offrait une mise en scène décoiffante de la pièce Le reste vous le connaissez par le cinéma, à Espace Go.

Cette fois-ci, il nous réserve à nouveau une belle surprise avec une relecture contemporaine de Les beaux dimanches.

La part belle aux jeunes comédiens

Onze comédiens, récemment diplômés de l’École Nationale de théâtre du Canada, donnent la réplique en utilisant les codes contemporains et en adoptant une gestuelle qui s’apparente dans l’ensemble au langage des signes.

Cette façon de faire sert d’assise tangible pour exprimer avec énergie la profondeur du texte, puisqu’il n’y a aucun décor et très peu d’accessoires.

Ainsi, toute la place est laissée aux jeunes comédiens, qui interprètent par le jeu de leurs voix et de leurs gestes, un portrait peu reluisant d’une société bourgeoise québécoise désoeuvrée des années 60. Un lendemain de party bien arrosé.

Mixité entre théâtre et cinéma

La finalité de la pièce est complétée par une belle trouvaille. Le metteur en scène a eu l’excellente idée de projeter à l’arrière scène les dernières minutes du film Les beaux dimanches réalisé en 1974.

Le théâtre fait ainsi place au cinéma.

Une mixité où les comédiens sur scène prêtent leur voix aux acteurs à l’écran, tels que Denise Filiatraut, Jean Duceppe, Louise Portal, etc .  Des duos générationnels sont ainsi formés pour mieux faire parler le présent. Un doublage fort sympathique.

La projection du film permet aux spectateurs qui l’ont déjà vu de se remémorer des moments forts du cinéma et ceux qui ne l’ont jamais vu, de faire connaissance avec cette œuvre cinématographique des années 70 jouée par des comédiens dont plusieurs sont disparus.

Les beaux dimanches sous le signe de la modernité

Bravo au metteur en scène, aux comédiens de la relève et à toute l’équipe de nous offrir une rafraîchissante relecture qui permet à cette œuvre d’apprivoiser le temps.

Le Collectif Quatorze 18, qui a coproduit cette pièce, réunit 11 interprètes issus de la promotion 2018 de l’École Nationale de Théâtre du Canada. Leur objectif est de faire de la création contemporaine et de travailler des textes de répertoires québécois.

Distribution :  Félix-Antoine Cantin, Claudia Chillis-Rivard, Étienne Courville, Nadine Desjardins, Patrice Ducharme-Castonguay, Étienne Lou, Virginie Morin-Laporte, Jules Ronfard, Gabriel-Antoine Roy, Rosemarie Sabor, Élisabeth Smith

Les beaux dimanches est à l’affiche de La Chapelle Scènes contemporaines jusqu’au 15 décembre.

Crédit photos : Maxim Paré Fortin

Rédaction : Micheline Rouette