C’est avec beaucoup d’enthousiasme qu’hier soir j’assistais à la première médiatique Les choristes – Le spectacle musical, au Monument-National à Montréal.

C’est d’abord en France, plus précisément aux Folies Bergères à Paris, que Christophe Barratier a décidé de transformer le film Les choristes en spectacle musical! Sorti en 2004, le film a aussi été réalisé par Barratier, mais il s’agit d’une adaptation du film de Jean Dréville La Cage aux rossignols (1945), eux-mêmes adaptés d’après une idée de Georges Chaperot et René Wheeler. C’est Juste pour rire spectacles qui a acheté les droits pour en faire une adaptation québécoise signée Maryse Warda.

Tout le monde connaît cette histoire… En somme, c’est celle d’un chef d’orchestre qui se remémore le professeur de musique qui l’a influencé et replonge dans le passé de 1949. Clément Mathieu, professeur de musique sans emploi, est nommé surveillant dans un internat de rééducation pour mineurs. Au fil du temps, il tentera d’initier ses élèves au solfège et au chant, ce qui ne sera pas de tout repos compte tenu de sa nature douce et bienveillante.

Mise en scène

Serge Denoncourt est réputé pour être cynique et torturé, mais il a dû sortir de ses états d’âme pour mettre en scène ce petit bijou, et il a donc mis tout son côté « bubbly » au service de l’art avec brio!

En effet, c’est une mise en scène soignée et émouvante que j’ai eu le plaisir de voir hier soir. Il est impossible de ne pas tomber sous le charme de la quinzaine d’adolescents (en fait, ils sont 30 puisqu’ils se partagent la scène en deux groupes en alternance) du Monument-National. Ces jeunes font partie des Petits Chanteurs de Laval et de la Maîtrise des Petits Chanteurs du Mont-Royal.

Les décors qui évoquent l’époque sont magnifiques et très bien réalisés, ce qui permet une fluidité lors des changements de scène. Je dois avouer être tombée sous le charme du travail de Serge Deconcourt, qui a été ingénieux et efficace.

La relation d’attachement dans l’enfance

Ce qui ressort le plus dans ce théâtre musical est sans l’ombre d’un doute la dévotion d’un « enseignant improvisé » et la force du lien d’attachement. Celui-ci est le lien que le petit enfant développe avec la personne prenant soin de lui régulièrement.

Il est une des formes principales de ce qu’on appelle l’amour. Et cet amour, le personnage principal en a donné beaucoup! D’ailleurs, François L’Écuyer (Clément Mathieu) a su prendre sa place et a rayonné sur la scène du Monument-National avec ce personnage tendre et aimant. L’acteur a interprété cet enseignant de manière magistrale.

À l’opposé de cet être candide se trouve le méchant directeur interprété par Henri Chassé, qui a su faire rire les spectateurs par son jeu plus grand que nature!

Yves Dessureault chantait Comme une douce brise, une chanson qui pourrait résumer la pièce :

« Comme une douce brise d’automne, vous êtes entrée dans sa vie. Alors qu’il avait besoin, d’un guide sur son chemin. Le chemin du bonheur et non celui de la peur. Le chemin de la confiance, pas celui de la méfiance. Pour ça Madame Julie, nous voulons vous dire merci. Mais ce ne sera jamais assez, notre enfant vous avez aidé. Vous avez su prendre une place, dans un cœur parfois de glace. Malgré les tempêtes et les orages, vous avez eu le courage. Le courage de vous tenir debout, malgré les grands remous. Le courage d’affronter, ceux qui l’auraient mis de côté. »

Le chant avant tout

Contrairement à Denise Filiatrault (Cabaret, Un violon sur le toit, My Fair Lady, Sweet Charity, etc.), qui choisit avant tout des acteurs pour ses comédies musicales, Serge Denoncourt a opté pour l’inverse, il est allé chercher des chanteurs pour ensuite les former en jeu. Est-ce un bon choix?

Cela dépend des opinions. Personnellement, sachant que je vais au théâtre et non à un concert, je préfère toujours avoir de réels acteurs devant moi qui font de leur mieux pour chanter plutôt que l’inverse. On peut faire fie d’une mauvaise note, mais un mauvais jeu est moins facile à mettre de côté. Toutefois, les jeunes se débrouillent bien et ne sont pas trop décalés face aux acteurs de renoms comme Lynda Johnson, Renaud Paradis, Henri Chassé ou François L’Écuyer.

Somme toute, Les choristes bouleverse, touche et fait du bien à l’âme. Vous ne pouvez être indifférent devant cette création dirigée de mains de maître. Pour de plus amples informations et acheter vos billets, rendez-vous sur le site du Monument-National : www.monumentnational.com

Crédit photo : Juste pour rire