Le Théâtre de La Manufacture présente à La Licorne Les filles et les garçons. Un texte bouleversant d’humanité sur la résilience et admirablement interprété par une comédienne qui semble briller de l’intérieur.

Une histoire d’amour

La première chose que le spectateur remarque, quand elle entre en scène, ce sont ses yeux.

Ils captent la lumière et viennent nous effleurer avec grâce.

C’est ainsi que commence la pièce, avec ce personnage de femme au regard pétillant et espiègle qui parle directement au public, sans fard.

Elle vient raconter son histoire.

Cette même histoire entendue des centaines de fois.

Celle d’une femme qui rencontre un homme.

Ils tombent amoureux, se font des enfants, s’éloignent et tout devient un drame.

Les filles et les garçons – Une confidence

Le public se fait raconter, sur le ton de la confidence, là où tout a commencé.

On voit et on entend.

On est là, dans ce moment précis, avec elle.

Et puis, elle revient au présent.

Ce présent teinté de son passé.

Elle enchaîne avec les retours en arrière et on boit chacune de ses paroles.

Peu à peu, elle se dévoile et au fur et à mesure, elle ouvre une brèche dans le mur.

Une mise en scène de Denis Bernard

À chaque nouvelle étape de son histoire, elle force l’ouverture du décor comme pour se livrer entièrement.

Et c’est là toute la finesse de cette mise en scène signée Denis Bernard.

La scène elle-même devient  le lieu de libération de ce personnage si fragile et si fort à la fois.

Mention spéciale à Julie Basse pour ses éclairages qui changent lors des flashbacks comme autant de souvenirs et qui viennent appuyer le propos.

Performance haute en couleur

Marilyn Castonguay est seule en scène pendant près de deux heures.

Elle nous fait rire, nous attendrit, nous transporte, nous ravage et nous émeut au plus profond de nos âmes.

Cette performance haute en couleur restera dans les annales comme étant parmi les plus touchantes qu’il est permis de voir.

Le metteur en scène a pensé à la comédienne parce qu’elle est lumineuse et humble.

Il ne pouvait pas mieux choisir qu’elle pour habiter ce personnage qui nous fait réfléchir longtemps après notre départ du théâtre.

Un rendez-vous ne pas manquer au Théâtre la Licorne jusqu’au 22 février.

Texte: Dennis Kelly

Traduction: Fanny Britt

Mise en scène: Denis Bernard

Avec: Marilyn Castonguay

Crédit photos: Suzane O’Neill

Texte: Tan Bélanger