Maintenant que vous connaissez les gagnants du 31e Gala des prix Gémeaux, je vous invite à découvrir quel trait de leur personnalité ils mettent à l’avant-plan lorsqu’ils travaillent la composition d’un personnage ou dans le cadre de leur métier d’animateur. Voici donc ce qu’ils m’ont répondu : 

Laurence Lebœuf : Quand elle est avec les ex-détenus, elle a une grande compassion et une compréhension, et qu’elle accepte les gens pour qui ils sont, je pense que j’ai une petit peu de cela. Pas pour me donner des qualités que je n’ai pas, mais il y a quelque chose que je comprends et que j’ai envie de comprendre de l’être humain et je pense que Rachel, elle l’a.

Vincent Leclerc : Ce n’est plus aussi présent, mais le jeune homme transi d’amour qui frappe un mur, j’ai connu ça longtemps. C’est quelque chose que je pouvais retrouver facilement.

Guylaine Tremblay : Son amour pour les autres, son amour pour les enfants. Mais sinon, on est très, très différentes, très différente. Moi je suis une extravertie, j’exprime. Marie ce n’est qu’une boite à secrets, à silences. On est très différentes.

Louis-José Houde : La répartie. Être capable de réagir à tout moment sur un imprévu. C’est très important. Pendant le show, c’est pas mal ça. Et le calme, mon côté « en contrôle », disons. Tout le monde est capable d’être nerveux, tout le monde est capable d’être très calme. Quand t’animes un gala, il faut que ce soit le côté calme qui embarque. Il faut que tu sois capable de respirer comme il faut et de faire les choses calmement et avec grand contrôle.

Guy Nadon : Moi je n’ai pas besoin du personnage pour «être», dans la vie. Le personnage a besoin de moi! Je lui donne beaucoup de choses à moi. Je lui donne sa présence à la réalité. C’est quelqu’un d’allumé Samuel O’Hara. J’ai ça! Je peux lui donner également une volonté de puissance que j’ai chez moi. Moi, j’ai lu Nietzsche quand j’étais jeune et je trouve ça excitant! Se concevoir autrement qu’en étant seulement le résultat du choix des autres. C’est important d’être l’auteur de ma vie, le plus possible en tout cas. C’est sûr que si j’étais un acteur syrien, il ne se passerait pas grand chose dans ma vie en ce moment.

On jouit de conditions sociales et on est déterminés par ça. Alors je dirais ça là. Une volonté de puissance, une présence aux autres, et une certaine maladresse dans l’affection, comme n’importe qui. Quand on aime des fois, ça sort tout croche. Je m’améliore, je suis rendu pas mal bon ç’a l’air, mais je sais que mon point de départ était autre, et Samuel lui, est très maladroit. Quand il vient le temps d’aimer, il est absolument irrationnel. Il a une espèce de médiocrité morale que je n’ai pas. Il est moralement médiocre, mais toute cette famille là est moralement médiocre à mon avis. Ils sont attachants à cause de ça.

Guy A. Lepage : Maintenant je dirais l’humanisme, en premier. À part si on reçoit un déconneur et qu’on peut s’amuser avec, mais j’ai 56 ans, j’ai trois enfants, deux en bas âges… Je sais que j’ai de l’influence et que je peux intervenir et qu’on écoute. En tout cas, on écoute ce qui se dit à l’émission. J’ai envie d’utiliser cette tribune-là de façon adéquate.

Martin Matte : L’impatience! Je grossis mon impatience, mon irritabilité. Je le prête à mon personnage dans la série et je le grossis. Tout est grossi. Comme quand je suis malhabile, quand je pose une toilette par exemple, je ne le suis pas autant dans la vie, mais j’ai souvent des problèmes et je me fâche, donc je grossis ces moments d’impatience.

Charles Lafortune : Je n’ai pas de filtre quand j’anime La Voix. Je veux absolument faire une animation de proximité, c’est-à-dire être avec les gens, collé sur les gens, disponible pour eux. Je veux être une épaule. Je veux être celui à qui on peut sauter dans les bras. Le bon Dieu m’a fait à 6’3”, 230 livres, ça sert. Mais moi j’ai fait beaucoup de télévision au quotidien, à une autre période, et on dirait que les gens te connaissent. Et j’ai eu la chance de commencer en faisant du « jeunesse ». Pour bien des gens, je suis le Guy de Watatatow et ils ont des enfants maintenant.

Grégory Charles : J’ai fait beaucoup de télé, j’ai fait beaucoup de scène. Mais les gens qui me connaissent savent que j’ai fait beaucoup d’éducation. C’est un job d’éducateur. C’est d’ailleurs souvent ça la télévision pour enfants. Les animateurs sont souvent des éducateurs ou des parents éducateurs. C’est vraiment ça. J’ai été un jeune comme ces jeunes-là et c’est important qu’ils soient confortables, qu’ils comprennent l’enjeu, qu’ils sachent que gagner ou perdre, ça n’a pas d’importance. C’est la possibilité d’apprendre, de partager leur talent aussi avec les gens, alors je dirais que c’est l’éducateur qui ressort le plus.

Antoine Bertrand : J’ai un petit quelque chose de bébé. Je pense que le curé Labelle, malgré toutes ses qualités, a quelque chose d’un peu enfantin. C’est-à-dire que, quand il n’a pas ce qu’il veut, il boude, il bougonne. Il est orgueilleux, mais ce petit côté-là, mauvais perdant, je l’ai donné à Antoine Labelle.

C’est donc avec le couronnement d’Unité 9 que la soirée s’est terminée et que les artistes sont montés à bord des autobus qui les attendaient à l’extérieur du Théâtre St-Denis pour aller célébrer notre belle télévision.