Ayant plusieurs années à son actif dans le domaine du théâtre, Alexia Bürger présente sa première pièce solo Les Hardings. L’accident de train de Lac-Mégantic, survenu en juillet 2013, lui a servi de source d’inspiration. Elle raconte les faits mais elle se questionne aussi sur le sentiment de culpabilité qu’on ressent face à une telle tragédie et la responsabilité individuelle, collective et juridique qui s’y rattache. Une pièce où fiction et expériences se côtoient.

Qui sont les Hardings?

Les Hardings met en scène trois Thomas Harding. Le chef de train (Bruno Marcil), qui a subi un procès à la suite de la catastrophe ferroviaire et jugé non-responsable.

Un écrivain britannique (Patrice Dubois) ayant perdu son fils dans un accident de vélo. Bicyclette que lui a donnée son père en cadeau.

Un assureur américain (Martin Drainville) vient compléter le trio. Il estime que la vie a une valeur économique très peu élevé.

De gauche à droite: Bruno Marcil, Patrice Dubois et Martin Drainville.

Fiction et expériences

Loin d’être une pièce documentaire, l’auteure développe plutôt le thème de « l’erreur est humaine » et ce qui en découle.

Ce thème prend tout son appui sur une rencontre entre trois hommes dont deux qui ont dû faire face à une insupportable tragédie mortelle et qui se sentent coupables.

Le troisième, quant à lui, est un être super logique travaillant dans le monde des assurances industrielles et commerciales.

Une spirale de sentiments

Comme un train, Les Hardings débute lentement et prend de la vitesse au fur et à mesure que ce trio se dévoile aux spectateurs afin qu’ils montent à bord pour bien discerner cette spirale de remords, de honte, de reproches, d’embarras et ce sentiment de culpabilité mordant.

Comédiens dans un décor significatif

Dans un décor métallique bien construit, composé de rails de chemin de fer, signé Simon Guilbeault, les trois excellents comédiens interprètent avec force le texte bien écrit et efficace d’Alexia Bürger.

Lorsque Bruno Marcil (le cheminot), de sa voix chargée d’émotion, nous énumère le prénom des 47 victimes de la tragédie de Lac-Mégantic, ce moment nous va droit à l’âme.

Ces 90 minutes nous rappellent que l’erreur est humaine et que le sentiment de culpabilité est lourd à porter.

À l’affiche

Le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui clôture sa saison avec la magnifique pièce Les Hardings. A l’affiche jusqu’au 5 mai.

Crédit photo: Valérie Remise

Texte: Micheline Rouette