Le Théâtre de l’Opsis, en collaboration avec Espace Go, présente Les serpents. Une allégorie sur la performance d’un trio de comédiennes incroyables sur fond de champ de maïs.

Quelle famille!

Tout d’abord, il y a trois femmes.

La mère qui a traversé le champ de maïs sous une chaleur accablante pour quémander de l’argent à son fils.

Il y a l’épouse actuelle, fragile et instable, qui a pour ordre de ne pas laisser la mère entrer dans la maison.

Et puis il y a l’ex-femme. Celle qui a réussi à se sauver du goujat mais qui revient dans ce bled perdu, peut-être par idéalisation du passé.

Une matérialisation abstraite des émotions

Les personnages ne se parlent pas. Elles monologuent avec les apparences de dialoguer.

Et ce fils, ce mari dont elles parlent constamment, on ne le voit jamais.

On l’imagine tel un ogre tuant ses propres enfants mais sans qu’il n’entre en scène.

On sent sa présence parce que les trois femmes de sa vie parlent de lui, surtout avec crainte et retenue.

Le spectateur se rend vite compte qu’il nage dans la fable.

La pièce n’est pas construite pour être une réalité mais plutôt une matérialisation abstraite des émotions de ces trois femmes.

Comme une peau de serpent

La mise en scène est à l’image du texte. Tout y est froid et lisse, comme une peau de serpent.

Les personnages n’habitent pas la scène.

Elles semblent attendre que quelque chose se passe pour enfin se libérer de l’image qu’elles ont d’elles-mêmes.

Tout est épuré et chaque détail est important.

Le rappel dans les chaussures de Nancy, entre autres, est un clin d’œil au titre.

Les Serpents – Trois comédiennes de talent

Un texte très fort, habilement porté par trois comédiennes irréprochables.

Même si le public peut rester de marbre devant autant de froideur, on ne peut que reconnaître l’immense talent qui se déploie devant nos yeux.

Les personnages de Nancy et France vont se transformer et l’une prendra la personnalité de l’autre.

Un peu comme si, d’avoir aimé le même homme les a dépouillées de leur essence.

À l’affiche jusqu’au 7 décembre

Les serpents reste à l’affiche à Espace Go jusqu’au 7 décembre.

Texte : Marie NDiaye

Mise en scène : Luce Pelletier

Distribution : Rachel Graton, Isabelle Miquelon et Catherine Paquin-Béchard.

Crédit photos: Caroline Laberge

Texte: Tan Bélanger