Après le succès obtenu en 2016, L’orangeraie de Larry Tremblay est brièvement de retour au Théâtre Denise-Pelletier avant d’entamer une tournée dans les salles québécoises.

Toujours d’actualité, malheureusement, cette œuvre sombre dépeint les horreurs de la guerre, tout en laissant filtrer un mince filet de lumière.

Un pacte secret entre frères

Coulant des jours tranquilles à l’abri des orangers, les jumeaux Aziz et Amed voient leur quotidien bouleversé par la mort subite de leurs grands-parents, tués par un obus.

Soudain, le guerrier Soulayed vient visiter leur père et lui propose d’envoyer un de ses fils se faire exploser pour venger cette mort.

Placé devant un choix déchirant, le patriarche choisit Amed parce qu’il est en bonne santé. Aziz souffre du cancer et l’envoyer au front ne constituerait pas un sacrifice valable selon lui.

Or, un pacte secret entre les frères viendra changer le cours des choses.

Impeccable

L’orangeraie est portée par une solide distribution. La plupart des comédiens de la première mouture sont de retour. Le rôle du professeur de théâtre originalement joué par Vincent-Guillaume Otis a cette fois été confié à Éric Paulhus.

Ariel Ifergan prend la relève de Daniel Parent dans le rôle de Zahed, le père des jumeaux. Jack Robitaille a été remplacé par Jean-François Casabonne dans le rôle de Mounir, le fantôme du grand-père.

Si tous font un travail impeccable, Gabriel Cloutier-Tremblay se démarque toutefois du lot, surtout dans la livraison de son poignant monologue final.

De gauche à droite, Larry Tremblay (auteur) et Claude Poissant (metteur en scène)

Une adaptation théâtrale réussie

Le succès de l’adaptation de L’orangeraie réside en partie dans la grande théâtralité qui caractérise déjà le roman. Le fait que l’auteur ait lui-même porté son œuvre au théâtre n’y est sûrement pas étranger non plus.

De plus, en la personne de Claude Poissant, il s’est adjoint les services d’un metteur en scène de talent avec qui il compte déjà un prolifique historique de collaboration.

Celui-ci a choisi d’opter pour une mise en scène sobre et un décor épuré qui conviennent parfaitement au récit.

Place à la réflexion

Certains reprochent à cette coproduction du Théâtre du Trident et du Théâtre Denise Pelletier de laisser une impression de froideur et de distance avec la salle.

N’est-ce pas justement voulu lorsqu’on traite d’un sujet aussi lourd? Cet espace n’est-il pas plutôt propice à laisser place à la réflexion?

L’orangeraie en tournée au Québec

Dates de L’orangeraie à Montréal et en tournée

 Théâtre Denise-Pelletier 28 février, 1er et 2 mars 2018

 Théâtre Hector-Charland, L’Assomption, 13 et 14 mars 2018

 Salle Desjardins – Maria-Chapdelaine, Dolbeau-Mistassini, 15 mars 2018

 Salle Michel-Côté, Alma, vendredi, 16 mars 2018

 Salle Pierrette-Gaudreault – Centre culturel du Mont-Jacob, Jonquière, 17 mars 2018

 Salle Maurice-O’Bready, Sherbrooke, 20 mars 2018

 Maison des arts de Laval, Laval, 22 mars 2018

 Théâtre du Vieux-Terrebonne, Terrebonne, 30 mars 2018

 Théâtre des Deux-Rives – Cégep de St-Jean-sur-Richelieu, St-Jean-sur-Richelieu, 31 mars 2018

 Salle J.A. –Thompson, Trois-Rivières, 3 avril 2018

 Carré 150, Victoriaville, 6 avril 2018

 Salle Pratt et Whitney du Théâtre de la Ville, Longueuil, 11, 12 et 13 avril 2018

 Salle Pauline-Julien, Ste-Geneviève, 18 avril 2018

La distribution

Jean-François Casabonne, Gabriel Cloutier-Tremblay, Éva Daigle, Philippe Durocher, Mohsen El Gharbi, Ariel Ifergan, Jean-Moïse Martin, Mani Soleymanlou , Sébastien Tessier et la voix de Dominique Quesnel.

Crédit photos : Gunther Gamper et Jean-François Brière