Après avoir été présenté une première fois à guichet fermé l’an dernier, MacBeth est de retour sur les planches de l’Usine C du 29 novembre au 17 décembre 2016. Cette version déjantée s’éloigne toutefois du classique drame shakespearien auquel le public est habitué.

De l’œuvre originale, Angela Konrad n’a conservé que l’essentiel de l’histoire. MacBeth, Lady Macbeth, leur soif de pouvoir et leurs élans meurtriers s’y trouvent toujours, mais tout le reste a été modifié.

Tout d’abord, le texte choisi est une traduction de Michel Garneau datant de 1978. Les dialogues sont dans un patois québécois datant d’une autre époque. Au départ, le spectateur s’en trouve déstabilisé, mais le jeu des comédiens nous fait bien vite oublier ce détail. Dominique Quesnel est d’ailleurs absolument phénoménale dans la peau de Lady MacBeth.

Puis, la metteure en scène a décidé que les trois sorcières livrant leurs prédictions à MacBeth (Philippe Cousineau) prendraient plutôt la forme d’hommes au torse nu en kilt, brillamment interprétés par Alain Fournier, Gaetan Nadeau et Olivier Turcotte. Ces trois comédiens personnifient aussi plusieurs autres personnages dont le roi Duncan, le chien Rex et même un rôti de porc!

Ensuite, plutôt que de se contenter d’un simple fond sonore musical discret Angela Konrad a plutôt fait appel à certains personnages pour interpréter des chansons à quelques reprises durant la pièce. Lady MacBeth y va de sa version de Because the Night de Patti Smith et MacDuff entame un violent et surprenant Fuck the World.

Enfin, le seul bémol qui ajoute une ombre au tableau à cette très intéressante adaptation est la fin qui déroge de l’histoire originale et nous fait perdre le fil des événements.

MacBeth est actuellement en nomination pour le Prix de la critique de l’Association des critiques de théâtre pour la saison 2015-2016 dans la catégorie meilleur spectacle, meilleure mise en scène et meilleure interprétation féminine.

Crédit photo : Vivien Gaumand