Le Petit Théâtre de Sherbrooke et le Théâtre du Double signe, en codiffusion avec le Théâtre Denise-Pelletier, présentent Minuit. Un conte post-apocalyptique où prononcer certains mots est signe de rébellion, où les vieux disparaissent, où la mémoire collective se perd.

C’est par une nuit de tempête, dehors, devant les portes de l’hôpital fermé que naîtra La Petite, fille de Minuit et petite fille de Grand-Maman. Trois générations de femmes qui vont lutter ensemble pour leur survie. L’une en se vendant aux Caporeux, l’autre en jouant au cadavre et la dernière en apprenant les mots défendus.

On laisse la place aux personnages et au texte

Le décor est minimaliste avec seulement quelques éléments. Ce qui laisse toute la place aux personnages et à l’excellent texte de Marie-Hélène Larose-Truchon.

La Petite amène une fraîcheur à cette sombre dystopie.  Minuit est belle dans son sacrifice. Grand-Maman est exquise avec ses expressions du passé. L’Ange-Chevalier, programmé par les Caporeux, se laissera prendre au jeu des mots et L’Électricien, celui qui vient quand on l’appelle, apporte quant à lui une grande force tranquille.

Des scènes touchantes

Il y a plusieurs moments forts tout au long de la pièce mais une des scènes touchantes se passe entre L’Électricien et Minuit. Il lui parle de la femme qu’il a aimée, lui parle avec nostalgie du passé. On voit à travers ses yeux toute la tristesse qu’il porte en lui.

Prendre parole pour exister

Minuit est intéressant sous plusieurs aspects, entre autres, pour la justesse de son propos. Il y a un parallèle à faire avec la réalité du XXIe siècle. Les aînés qu’on exclut, se privant de leur sagesse. La langue qu’on épure afin de la rendre plus facile ou encore l’austérité, la peur de ce qui nous est inconnu.

 Se laisser porter par la puissance des mots

Le spectacle s’adresse tout autant aux adolescents qu’au grand public. Ne vous privez surtout pas du plaisir de découvrir ce grand texte. Laissez-vous porter par la beauté de notre langue et la puissance de ses mots.

Texte de Marie-Hélène Larose-Truchon

Mise en scène de Lilie Bergeron

Avec Aurélie Brochu Deschênes, Sarianne Cormier, Jasmine Dubé, Jean-Moïse Martin et Guillaume Rodrigue

À ne pas manquer à la salle Fred-Barry du théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 24 février.

Crédit photos: Martin Blanc