Après nous avoir fait voyager en Allemagne avec Une femme à Berlin, l’Espace Go nous propose maintenant de mettre le cap sur la Norvège avec Norge. Cette autofiction, écrite, jouée et mise en scène par Kevin McCoy, est le touchant récit de sa quête identitaire.

Septembre 1919. Herbjørg Hansen quitte la Norvège à 14 ans pour immigrer aux États-Unis. Avec seulement son passeport en poche, elle quitte une vie dont elle ne reparlera plus jamais. Septembre 2008. Son petit-fils Kevin habite désormais la ville de Québec après avoir émigré des États-Unis douze ans plus tôt. Un jour, une enveloppe contenant le passeport original de sa grand-mère lui parvient par la poste. Il décide alors d’aller à Oslo, en Norvège, dans l’espoir de lever le voile sur le mystère qui entoure ses origines.

Nelligan en norvégien

Norge est donc la rencontre entre l’histoire de Herbjørg et celle de son petit-fils. D’ailleurs, quoi de mieux qu’une version norvégienne de Soir d’hiver d’Émile Nelligan pour illustrer les destins imbriqués  de ces deux êtres, elle Norvégienne et lui Québécois d’adoption? C’est donc ce qui servira d’ouverture à ce singulier spectacle. Puis, judicieusement, le poème s’arrête à « Je suis la nouvelle Norvège d’où les blonds ciels s’en sont allés ».

De là, Kevin entreprend le récit de son voyage et de sa vie. Il nous entretient sur le pays d’origine de sa grand‑mère et sur la culture norvégienne. Au passage, il mentionne Edvard Munch, Edvard Grieg et Henrik Ibsen. Il nous parle aussi de ses parents en perte d’autonomie. Tout est empreint d’une grande tendresse, bercé par la musique du piano d’Esther Charron.

Un piano qui se déplace

Ce même piano se déplacera sur scène, faisant office de bateau de croisière sur les fjords de la Norvège. Les autres éléments se trouvant sur scène seront aussi utilisés de façon originale. Les roches, par exemple, serviront tantôt de lit, tantôt de siège d’avion. Des projections vidéo viennent compléter ce décor.

La pièce est bien construite. Le fait de voyager dans le temps et dans l’espace nous enlève l’impression d’assister à un long monologue. D’ailleurs, ces 90 minutes en compagnie de Kevin nous semblent bien vite passés. Le seul bémol est le peu de temps consacré à sa parenté norvégienne retrouvée. Le public qui a suivi sa quête avec intérêt reste malheureusement un peu sur sa faim.

Norge est à l’affiche de l’Espace Go jusqu’au 10 décembre.

Crédit photo : Courtoisie