Les Productions Onishka, en collaboration avec Playwright’s Workshop Montréal, présente Okinum au Centre du Théâtre d’aujourd’hui jusqu’au 20 octobre. Tantôt parlant français, parfois en anglais mais surtout en anishnabemowin, la langue de ses ancêtres, Émilie Monnet se livre, sans masque ni retenue.

Récit autobiographique

Oscillant entre le monde des rêves et la réalité plus cruelle d’un séjour à l’hôpital où l’on se fait déposséder de notre identité à n’en devenir que des « jaquettes bleues ».

À perdre la voix pour la retrouver dans les échos du passé, à travers celle des ancêtres, de ces femmes qui nourrissent la mémoire collective et qui résonnent dans ce récit autobiographique.

Okinum – Un castor géant et son barrage

La métaphore du castor géant et son barrage est au cœur même de ce spectacle émouvant.

La voix forte et poignante de la comédienne vient nous chercher jusqu’à l’âme quand elle nous crache le mépris des blancs pour les femmes autochtones. Et pour ce castor, qu’une sénatrice a voulu remplacer comme emblème du Canada. Le traitant de « has been ».

Les mots de l’artiste sont parfois durs mais ils sont malheureusement encore d’actualité.

Une scénographie qui nous plonge dans cet univers

La mise en scène est sobre. La comédienne y est seule sur un plateau surélevé, en forme de pentagone. Elle est encerclée de peaux de castors et de faisceaux de lumières créant l’illusion d’un tipi.

Cinq écrans où sont projetées des images féériques et vidéos de type « minute du patrimoine » viennent appuyer le propos.

La conception sonore et musicale crée, quant à elle, une ambiance feutrée qui nous plonge dans cette forêt imaginaire.  Où l’on peut presque voir se matérialiser ce fameux castor géant sous nos yeux.

L’auteure de Okinum Émilie Monnet

Ainsi commence la résidence de trois ans d’Émilie Monnet au CTDA.

Artiste mêlant performance et arts médiatiques, Émilie Monnet effectue une démarche créative qui tourne autour des questions identitaires, de la mémoire et de l’histoire.

Elle est une voix qu’on entend encore trop peu dans la sphère culturelle.

 Texte, co-mise en scène et interprétation: Émilie Monnet

Co-mise en scène et direction d’acteur:  Emma Tibaldo

Co-mise en scène et direction du mouvement: Sarah Williams

Conception sonore et interprétation: Jackie Gallant

Crédit photos: Claudia Chan Tak et Lou Scamble

Texte: Tan Bélanger