Après le succès remporté par l’Ouest solitaire, l’équipe du Théâtre Bistouri revient en force avec Les Ossements du Connemara, une deuxième pièce issue de la trilogie de Leenane. Cette comédie noire de l’auteur irlandais Martin McDonagh prend l’affiche du Théâtre Prospero jusqu’au 26 novembre.

Dans une ville reculée de l’Ouest irlandais, Mick Dowd a la lourde tâche de déterrer les cadavres se trouvant au cimetière pour y faire de la place. Une fois que les corps s’y trouvent depuis sept ans, il doit creuser pour retirer les os. Le jeune Martin, petit-fils de la détestable Maryjohnny, a été désigné pour lui prêter main forte.

Or, le corps de la femme de Dowd, morte dans des circonstances nébuleuses s’y trouve aussi. Ayant atteint la fin de son séjour,  il doit maintenant être retiré de sa tombe. Puisque que des doutes planent encore sur la cause du décès, le policier Thomas supervise l’opération. Martin, Maryjohnny et Thomas sont impatients de voir les os, certains qu’ils prouveront la culpabilité de Dowd dans la mort de sa femme.

L’humour caustique de l’auteur, la qualité du travail d’adaptation, le jeu des comédiens et les décors étonnants laissent présager que le public accueillera Les Ossements du Connemara de façon favorable.

Les Ossements du Connemara, mordant

D’abord, le duo formé par Sébastien Gauthier à la mise en scène et Marc-André Thibault à la traduction a fait un bon travail d’adaptation. Les textes n’ont rien perdu de leur mordant une fois traduits. Certains se plaindront peut-être du fait que la pièce soit jouée en québécois, mais le fait d’utiliser un langage plus populaire est tout à fait adéquat pour donner voix à ces gens ordinaires.

Puis, les comédiens livrent eux aussi une performance convaincante. On se prend à avoir plaisir à détester Maryjohnny, cette vieille dame haïssable interprétée par Danielle Proulx. L’absence de vivacité d’esprit des frères Martin et Thomas, personnifiés par Marc-André Thibault et Pierre‑Luc Brillant nous soutire des rires à plusieurs reprises. Hugo Giroux nous fera quant à lui passer par toute la gamme des émotions dans les traits de Mike Dowd.

Enfin, les décors créés par Jessica Hart sont impressionnants. La scène a été séparée en deux. Un cimetière a été aménagé côté jardin. On y trouve un amoncellement de terre surplombé de quelques croix,  où sont vraiment enfouis des os. Puis, un imposant foyer en pierre ainsi une table et des chaises sont situés côté cour.

Une pièce à ne pas manquer. On ose espérer qu’ils montent bientôt La Reine de beauté de Leenane, première œuvre de la trilogie Leenane.

Crédit photo : Perre Charbonneau