Dans le cadre d’une ambitieuse série de 10 spectacles présentée au théâtre Espace Libre, la LNI tente de répondre à la question « Le cinéma peut-il s’improviser au théâtre? ». Cette troisième soirée, consacrée à l’œuvre de Pedro Almodóvar, a démontré  que ces thématiques hors du commun et ses personnages débridés se transposent aisément sur les planches.

90 minutes dans l’univers de Pedro Almodóvar

Le procédé est le même pour chacun des spectacles de cette série. La première heure sert à présenter les personnages, les procédés cinématographiques et les principaux termes abordés par le cinéaste.

Le dernier 30 minutes est consacré à la production d’un film improvisé en appliquant ce qui a été présenté en première partie.

Un départ sur les chapeaux de roue

Comme le veut la formule, Jean-Philippe Durand et Christian Laurence ont d’abord fait une courte introduction au monde du cinéaste espagnol.

Puis, Frédéric Barbusci, Diane Lefrançois et Joëlle Paré-Beaulieu ont improvisé de courtes scènes selon les instructions des deux animateurs-dramaturges.

Pour mettre les improvisateurs en contexte, Durand et Laurence ont d’abord lu de vrais scénarios de films qui paraissaient complètements farfelus.

Les thèmes complètement éclatés abordés par le réalisateur ont ensuite servi de terrain de jeu aux trois artistes, qui les ont explorés avec un plaisir évident.

Le premier numéro fut l’un des meilleurs de la soirée.

Tour à tour, les comédiens devaient prétendre qu’ils étaient des acteurs en entrevue pour parler de leur rôle dans un film.

Ils devaient présenter leur personnage, parler du scénario et donner le titre de l’œuvre. Les propositions plus loufoques les unes que les autres ont rapidement  déclenché les rires du public.

Des longueurs en deuxième partie

Improviser un film chaque soir en 30 minutes est un projet fort ambitieux.

Si le court métrage improvisé à la sauce d’Hitchcock avait de quoi épater le public, c’était moins le cas pour le petit film à la manière de Pedro Almodóvar.

Certes, les personnages troublés et farfelus propres au cinéaste étaient bien présents.

C’est plutôt dans la forme que le tout s’est gâté. Il y a eu des longueurs et les transitions s’étiraient.

Le tout s’est quand même terminé sur une bonne note avec une chute inattendue exactement dans l’esprit du créateur étudié.

Un spectacle pour tous

Le concept a plu autant aux connaisseurs qu’aux néophytes. Les uns ont eu du plaisir à naviguer parmi des références qui leur sont familières, alors que les autres se sont amusés à découvrir l’œuvre singulière d’Almodóvar.

Donc, peu importe auquel des deux groupes les spectateurs appartenaient, chacun a pu y trouver son compte et tous ont passé un bon moment.

La LNI s’attaque au cinéma se poursuit jusqu’au 10 novembre. 

Interprètes: Cinq trois en alternance

Animateurs et dramaturges : Jean-Philippe Durand, Christian Laurence et François-Étienne Paré

Musicien: Éric Desranleau

Éclairagiste: Maxime Clermont-M.

Vidéaste: Geneviève Albert

Chaque représentation est dédiée à un réalisateur différent. Consultez le site d’Espace Libre pour découvrir qui ils sont et quel trio d’improvisateurs s’attaquera à leur œuvre.

Crédit Photo: Courtoisie

Texte: Nancie Boulay