Production Théâtre Jésus, Shakespeare et Caroline présente Pour qu’il y ait un début à votre langue à la salle Fred-Barry du théâtre Denise-Pelletier. Une superbe pièce sur la mort, la parole et la portée des mots.

La fin d’une vie

De nos jours, Frédéric est sur un lit d’hôpital. Il va mourir.

Il a décidé de se taire parce qu’il ne veut pas mourir dans la langue de ses parents.

Malgré les cris de sa mère, le babillage incessant de sa grand-mère, la maladresse de son père, la compréhension de son grand-père et l’arrivée trop tard de celle qu’il a aimée, il ne parlera qu’avec la préposée qui prend soin de lui.

Dans le passé, triangle trouble entre Frédéric, son amoureuse, Odile et son meilleur ami et frère de sang, Wilson. Ils font les 400 coups ensemble mais un jour, ça va trop loin et Wilson en meurt.

Pour qu’il y ait un début – Déconstruction du temps

La pièce est une déconstruction de l’espace temporel. Les comédiens restent sur scène et amènent avec eux les accessoires qui serviront à souligner leurs propos.

La mère avec sa rôtissoire, le père avec un écran d’ordinateur et la grand-mère avec ses dizaines de sacs de magasinage.

Seuls le grand-père et son ex petite-amie se présenteront au malade sans artifice, à l’image de la relation qu’ils entretiennent avec Frédéric.

D’ailleurs, il y a ce moment magique où le grand-papa, seul avec son petit-fils lui parle et où le jeune homme malade réagit enfin, touché par les mots de celui qu’il admire.

Bouleversant et émouvant

Daniel Parent et Nathalie Mallette en parents complètement déconnectés de leur fils sont bouleversants. Pascale Renaud-Hébert, après nous avoir donné les moments les plus drôles du spectacle vient nous émouvoir au plus profond de nous.

Pour qu’il y ait un début à votre langue – Regard lucide sur la mort

On ne peut pas être insensible à l’écriture de Steve Gagnon. Il parle de la souffrance et de la mort avec tellement de lucidité que ça nous ébranle dans notre humanité.

C’est dur, c’est laid, c’est sale et ça déchire l’âme.

Submergés dans un tourbillon d’émotions

La pièce dure plus de deux heures mais on ne s’en rend absolument pas compte tellement on est submergé par le tourbillon d’émotions dans lequel le metteur en scène et les acteurs nous plongent.

Pour qu’il y ait un début à votre langue est à l’affiche de la salle Fred-Barry du Théâtre Denise Pelletier jusqu’au 20 avril.

Texte et mise en scène: Steve Gagnon

Inspiré de l’œuvre de Sylvain Trudel

Distribution: Linda Laplante, Frédéric Lemay, Nathalie Mallette, Daniel Parent, Pascale Renaud-Hébert, Claudiane Ruelland, Jonathan St-Armand, Richard Thériault

Crédit photos:  Dylan Sheper

Texte: Tan Bélanger