Mourir d’aimer… a écrit le chanteur Aznavour. Ce titre s’associe merveilleusement bien à la dramaturge de William Shakespeare Roméo et Juliette que le metteur en scène Serge Denoncourt présente au TNM jusqu’au 20 août. De main de maître, il dirige une distribution imposante qui nous amène dans l’univers de deux adolescents où l’amour est roi. Tout n’est pas que tragédie dans cette pièce, l’humour a aussi la part belle. Un classique revisité avec brio!

Qui ne connaît pas l’histoire et la triste fin des amants de Vérone, Roméo et Juliette? Depuis des centaines d’années, elle est offerte dans plusieurs disciplines artistiques : au théâtre, à l’opéra, au ballet, au cinéma, en dessin animée, etc.  Cette fois-ci, le metteur en scène la transpose dans l’Italie des années 30, sur fond de haine et de violence, en pleine montée du fascisme.

Sur scène, vingt comédiens dont douze qui ont moins de 30 ans, en début de carrière au théâtre. Un casting qui représente bien la verdeur de la jeunesse dans cette œuvre qui fait notamment appel au physique lors de combat d’escrime, duel et bataille. Pendant près de trois heures, la relève côtoie des comédiens expérimentés et leur donne la réplique avec justesse et simplicité. La chimie opère!

La jeune Marianne Fortier, qui se glisse dans la peau de Juliette, en est à sa première expérience au théâtre. On l’a vue au cinéma dans Aurore et à TVA dans l’émission Pour Sarah. Quant à Philipe Thibault-Denis, qui campe le rôle de Roméo, il a joué D’Artagnan dans Les trois mousquetaires l’été dernier.

Debbie Lynch-White et Benoît McGinnis, une présence extraordinaire sur scène!

Mais les deux comédiens qui m’ont le plus impressionnée sont Debbie Lynch-White, la nourrice, et Benoît McGinnis qui interprète Mercutio. Gonflés à bloc et remplis d’énergie, ils ont une extraordinaire présence sur scène. Le public les a d’ailleurs chaudement applaudis.

On ne se lasse pas de cette romance, surtout lorsqu’elle est remaniée au goût du jour grâce à la traduction de Normand Chaurette, à une scénographie bien orchestrée de Guillaume Lord ainsi qu’à un éclairage, signé Martin Labrecque, mettant en valeur les comédiens, le texte et son contexte.

Quant au choix des costumes, ils ont une particularité fort honorable. Voulant rendre un hommage au maître costumier François Barbeau qui est décédé en janvier dernier, Serge Denoncourt a sélectionné vingt créations de cet architecte du costume pour habiller les acteurs lors de la scène du bal au cours duquel Roméo et Juliette tombent en amour.

Les spectateurs ont pu voir ces magnifiques costumes grâce à une collaboration entre le TNM, le Rideau Vert et le Théâtre Jean-Duceppe. Bravo pour cette belle initiative!

Le Roméo et Juliette de Serge Denoncourt est à découvrir.  C’est splendide!