Seulement quelques semaines après la fin des jeux olympiques, le Théâtre le Mimésis propose Rouge Speedo, une pièce sur l’obsession de la performance athlétique. Présentée jusqu’au 24 mars au Livart, cette œuvre, du dramaturge américain Lucas Hnath, pose une question: Jusqu’où un athlète d’élite et son entourage sont prêts à aller pour gagner?

La performance à tout prix

À la veille des qualifications pour les jeux olympiques, une glacière remplie de drogues d’orgine inconnue est retrouvée dans le réfrigérateur du club de nage où s’entraîne Ray (Marc-André Thibault).

De peur qu’un scandale n’éclabousse sa carrière, son frère Peter (Louis Labarre)  tente de convaincre l’entraîneur de Ray (Guillaume Regaudie), de passer cette découverte sous silence.

Une fois que son instructeur a quitté les lieux, Peter annonce à Ray que la compagnie Speedo souhaite s’associer au jeune nageur.

Misant tout sur son cadet et souhaitant changer de vie avec l’argent que leur rapportera ce lucratif contrat, il tente de le convaincre de changer de camp pour aller s’entrainer chez Atlas.

Or, Ray lui fait un aveu troublant. Depuis, plus d’un an, il améliore ses performances en consommant de la testostérone et qu’il en a absolument besoin pour gagner.

Ayant beaucoup trop à perdre dans l’aventure, Peter décide de prêter l’argent à Ray pour qu’il puisse s’acheter la dose qui, ils espèrent, lui feront gagner les qualifications du lendemain.

C’est là qu’entre en scène, Lydia (Catherine Paquin-Béchard), l’ex petite amie de Ray, qui a elle aussi quelque chose à gagner de cette situation.

Une distribution judicieusement choisie

L’une des forces de cette pièce est sans contredit le choix de la distribution.

Marc-André Thibault est excellent dans le rôle de Ray. On croit vraiment aux difficultés d’élocution et à l’intelligence limitée de son personnage.

La complicité est si forte entre lui et Louis Labarre, qu’on croirait presque qu’il existe un réel lien fraternel entre les deux comédiens.

Catherine Paquin-Béchard, que l’on connaît notamment pour son rôle d’IPL dans Unité 9, est très rafraîchissante dans son rôle d’opportuniste qui exploite les faiblesses des gens.

 Sujet sérieux et fous-rires

Rouge Speedo pose un regard acerbe sur le monde du sport de compétition. Bien que le sujet traité soit sérieux, on se prend à rire plusieurs fois durant les 80 minutes que durent la pièce, que l’on ne voit d’ailleurs pas passer.

Mise en scène: Louis-Philippe Tremblay
Traduction: Jean-Simon Traversy

Durée: Environ 1 h 30

À voir au Livart jusqu’au 23 mars !

Crédit photos: Hugo B. Lefort