En 2005, René Simard faisait la mise en scène du flamboyant spectacle musical Night Fever dans lequel Nicolas Archambault tenait un rôle de danseur parmi tant d’autres… Déjà à l’époque, l’adonis ressortait du lot et faisait déjà jaser et lever la foule du Capitole de Québec! C’était bien avant l’époque où Nico devint un sex-symbol en gagnant So You Think You Can Dance.

Cette fois, c’est dans le spectacle à grand déploiement Saturday Night Fever que Nicolas nous offre son cœur, son corps et son âme dans une incarnation parfaitement réussie de Tony Manero, sous une mise en scène signée Stéphane Jarny.

La production a tout d’abord été créée dans l’Hexagone, puis elle a été présentée à Québec l’an dernier. C’est donc avec enthousiasme et excitation que nous attendions la première montréalaise composée de Québécois et de Français. Et ce fut une grande première !

L’interprète de Tony Manero est si efficace qu’il réussit à transcender le sex-appeal du personnage original du film de 1977, interprété par John Travolta. Quoique Nico n’en soit pas à ses débuts dans l’art d’être sexy! En effet, peu de gens savent que le jeune homme a fait partie de la troupe Pinup Saints dans lequel il dansait avec son épouse (qui est danseuse et chorégraphe) Wynn Holmes, où il s’adonnait à des danses aussi suaves qu’érotiques! Nul besoin de préciser que son épouse était tout aussi sensuelle que lui.

C’est d’ailleurs cette sensualité qui a charmé la foule hier soir au Théâtre St-Denis. Alors qu’en France le rôle de Stephanie Mangano (copine de Tony Manero) est tenu par Fauve Hautot, dans la tournée québécoise c’est Wynn Holmes qui incarne le rôle de la froide danseuse. D’ailleurs, parler et jouer en français avec son accent anglais (puisqu’elle est anglophone) étaient un défi qu’elle devait relever… Malheureusement pour nous, nous n’avons pas réussi à tout comprendre son texte, hier soir, lors de la première médiatique.

Tout un spectacle!

Tout le gratin montréalais était présent au tapis rouge; des artistes issus de la danse, du chant et du jeu s’étaient rassemblés pour venir découvrir ce théâtre musical qui avait déjà vendu plus de 60 000 billets l’an dernier. En effet, il faut bien nuancer ses propos : Saturday Night Fever est avant tout un théâtre musical plutôt qu’une comédie musicale.

Ne vous méprenez pas : cette fois-ci ce sont de vrais danseurs, d’abord et avant tout, qui livrent une performance magistrale sur scène. Le talent de jeu d’acteur de certains pourrait être peaufiné, mais somme toute, ce que l’on retient de ce spectacle est d’abord et avant tout l’immense talent de cette troupe de danseurs. L’intégration des interprètes live comme Nevedya et David Latulippe fait toute la différence! La voix ensorcelante de Nevedya est, selon moi, l’une des grandes réussites du spectacle.

Nous avons un niveau d’excellence impressionnant au Québec dans la production de spectacles musicaux et de comédies musicales. On peut penser au travail des metteurs en scène Gilles Maheu (Notre-Dame-de-Paris), Michel Lemieux et Victor Pilon (Delirium, pour le Cirque du Soleil), Gilles Maheu (Don Juan), Denise Filiatrault (Cabaret), Serge Postigo (Mary Poppins), etc. Hier soir au Théâtre St-Denis, Saturday Night Fever nous a présenté un feu roulant de costumes, de chorégraphies et de jeux de lumières, de vidéos et plus encore! Le spectacle présente une rétrospective des meilleurs hits de l’époque disco : If I can’t have you, Disco InfernoStaying Alive, Tragedy, You Should Be Dancing, etc. Ils y passent tous.

Bémol

Les transitions sont fluides entre la dizaine de tableaux qui se déploient sous nos yeux pendant plus de deux heures. Toutefois, des projections vidéo des parents de Tony (interprétés par Rémy Girard et Pierrette Robitaille) sont sporadiquement présentées en salle entre deux numéros de danse, ce qui vient casser le rythme du spectacle.

Plusieurs personnes semblent déplorer le choix de l’acteur Rémy Girard, qui ferait trop penser à « Papa Bougon ». D’un autre côté, faut-il s’empêcher de faire jouer de grands acteurs parce qu’ils nous font trop penser à d’anciens rôles ? Personnellement, le plus grand problème se situe dans la forme : pourquoi avoir utilisé la vidéo pour présenter les parents ? Ils auraient pu être sur scène. Est-ce pour rappeler que le spectacle est tiré d’un film ? Si oui, cela n’était pas nécessaire.

Bien que ses interventions coupent quelque peu le rythme, elles sont, somme toute, bien dosées et permettent aux danseurs de reprendre leur souffle. Finalement, l’histoire est racontée par un maître de cérémonie, Gwendal Marimoutou, ce qui peut déplaire à certains.

Néanmoins, on ne peut qu’être heureux devant une création aussi réussie et spectaculaire. Les athlètes “performent” sous les boules disco dans une succession de chorégraphies signées Malik Le Nost.

Pour celles et ceux avides de divertissement, Saturday Night Fever est assurément le spectacle qu’il vous faut! Préparez vos plus beaux souliers, car vous ne pourrez vous retenir de danser!