Après le Théâtre Périscope, à la Maison de la culture Frontenac, et la Maison de la culture du Plateau Mont-Royal, c’est maintenant l’Usine C qui a le plaisir d’accueillir Tomates, l’opéra épique indiscipliné de L’Orchestre d’hommes-orchestres. Pour trois soirs seulement, le public est invité à s’imprégner de l’heureuse folie qui entoure cette comédie politique à saveur révolutionnaire.

 Un mot de bienvenue de Kafka

Dès leur entrée dans la salle, les spectateurs sont accueillis par une citation tirée de “Réflexions sur le péché, la souffrance, l’espérance et le vrai chemin” de Franz Kafka:

Deux tâches du début de la vie: rétrécir toujours plus ton cercle et revérifier toujours que tu n’es pas caché quelque part hors de ton cercle.”

Ces mots ont servi de base à une scénographie audacieuse.

Sur scène, sept musiciens et chanteurs rassemblés à l’intérieur d’une corde au sol. Comme le laissent supposer les mots de Kafka, leur espace de jeu rétrécira pendant la représentation.

Tomates – Un opéra en deux actes

Dans la première partie, les comédiens jouent au milieu d’un fouillis où l’on retrouve entre autres une foule de balles de ping-pong orangées, une télé, une planche à roulettes et un divan.

Pendant qu’une narratrice masquée narre le conte “Le Sabre de lumière et de vertu de sagesse”, un des comédiens se promène parmi les personnages muni d’une caméra.

Pendant que le spectateur écoute le récit, les images sont montées pour en faire une histoire qui sera présentée lors du deuxième acte.

C’est alors que toutes les actions qui semblaient incongrues prennent forme.

Tout ceci est accompagné de chants dont les paroles sont tirées des textes anarchistes “L’insurrection qui vient” et “À nos amis du Comité invisible”.

Le clavecin d’Évelyne Boulva duquel retentissent des mélodies issues de la Renaissance vient admirablement compléter cette ambiance de soulèvement.

Militant sans être moralisateur

C’est par l’humour que L’Orchestre des hommes-orchestres choisit de faire passer ses messages.

L’heureux chaos des objets du décor et les éléments merveilleux du conte côtoient aisément le sérieux des citations anti-capitalistes comme : « Car cette idée est étonnante, qu’il nous serait plus difficile d’imaginer la fin du capitalisme que la fin du monde. »

Tomates est le genre de spectacle duquel on sort à la fois amusés et conscientisés.

Distribution:  Bruno Bouchard, Lysiane Boulva, Gabrielle Bouthillier, Simon Drouin, Simon Elmaleh, Benoit Fortier, Danya Ortmann (lumières) et Philippe Lessard-Drolet (vidéo).

À l’Usine C jusqu’au 18 janvier

Crédit photos: Charles Frédérick Ouellette

Rédaction: Nancie Boulay