On dit qu’il faut se méfier de l’eau qui dort. Faudrait-il aussi craindre les gentils garçons? Présentement à l’affiche à  l’Usine C, Un si gentil garçon expose le côté sombre et redoutable d’un jeune homme de bonne famille.

Le gentil garçon dont il est question s’appelle Ruben. Il y a 20 ans, on le connaissait sous le nom de Polo. Lui et ses amis d’université avait fondé un groupe de musique rock qui remportait un certain succès.

Puis, un soir après leur concert, tout a dérapé. Polo s’est ensuite sauvé aux États-Unis pour étudier en finance et devenir Ruben. À son retour au pays, par hasard, il croise Blanca et son passé revient le hanter d’un coup.

La pièce n’est pas montée de façon linéaire. Cela prend donc un petit moment au spectateur pour se situer. Par contre, on se rend vite compte du superbe travail de mise en scène et de scénographie de  Denis Lavalou. La scène est séparée en plusieurs sections et chacune d’elle représente un lieu et un espace-temps différent.

Là  ne s’arrête pas le génie de Lavalou, qui a aussi choisi d’intégrer la musique et les arts visuels à  cette adaptation théâtre du roman de Javier Gutiérrez.

En effet, pendant le spectacle, trois musiciens interprètent des chansons de Nirvana, des Pixies, de Yo La Tengo et de de Jane’s Addiction. L’artiste visuelle Manon De Pauw vient compléter l’ambiance en créant des projections sur un écran géant servant de fond de scène.

Le jeu des comédiens est irréprochable, mais Cédric Dorier se démarque du lot. Il livre à merveille les différentes émotions de Pablo/Ruben. Nostalgie, peine, remords, angoisse : tout est crédible. Jusqu’à la toute fin, on est convaincus que son personnage est effectivement un si gentil garçon.

Un si gentil garçon est une coproduction du Théâtre Complice, des Célébrants (Lausanne) et du Théâtre du Grütli (Genève). Avec : Jean-François Blanchard, Cédric Dorier, Manon De Pauw, Joëlle Fontannaz, Hubert Proulx et Inès Talbi. À voir jusqu’au 18 novembre.

Crédit-photos: Théâtre Complice