Depuis le 25 octobre, l’Espace Go convie le public à assister à Une femme à Berlin, une adaptation théâtrale de l’autobiographie de Marta Hillers, dans une mise en scène de Brigitte Haentjens.

Cette histoire de survie et de résilience relate la vie quotidienne à Berlin durant l’occupation soviétique, telle que consignée dans les carnets de la jeune journaliste berlinoise. Du 20 avril au 22 juin 1945, elle témoigne de façon troublante, parfois drôle, de la vie des femmes et des hommes avec qui elle se cache dans la peur, le froid et la faim.

Plutôt que de donner ce rôle à une seule personne, la metteure en scène a choisi de confier l’interprétation des écrits consignés dans le journal de Marta Hillers à quatre comédiennes. Louise Laprade, Évelyne Rompré et Evelyne de la Chenelière se joignent donc à Sophie Desmarais pour donner voix aux mots de Hillers.

Si le procédé ajoute de la force au texte, les passages où l’on récite en canon sont malheureusement agaçants. Il en va de même pour les phrases déclamées mécaniquement en allemand et en russe.

Outre ces quelques irritants, l’adaptation d’Une femme à Berlin est somme toute très réussie. Marta Hillers était décrite comme une femme forte, lucide, drôle et cynique à la fois, ce que l’interprétation de Sophie Desmarais a parfaitement su illustrer, appuyée de ses trois collègues.

La scénographie et l’environnement sonore arrivent à nous faire percevoir la peur et le froid ressentis par les personnages. Un soin particulier a aussi été apporté aux costumes et aux coiffures pour compléter ce bouleversant voyage dans le temps.

Une femme à Berlin est à l’affiche jusqu’au 19 novembre à l’Espace Go et sera également présentée au Centre National des Arts du Canada à Ottawa du 30 novembre au 3 décembre 2016.

Crédit photo : Yanick MacDonald