Jusqu’au 29 mars, le Théâtre Denise-Pelletier présente, à la salle Fred-Barry, Une maison de poupée, une production de La Shop Royale.  Un drame mordant sur les conventions sociales.

À bas les masques!

Nora et Torvald sont mariés depuis 8 ans. Ils forment ce qui semble être le couple parfait.

Elle, maman à la maison, d’une grande beauté, lui directeur de banque aux multiples responsabilités.

Chacun bien ancré dans le rôle de ce que l’on attend d’eux.

C’est avec la menace que le grand secret de Nora soit dévoilé, qu’ils laissent tomber leur masque et montrent leur vrai visage.

Un décor à l’image des personnages

C’est dans un décor quadri-frontal que se joue le drame. À plusieurs reprises, les comédiens font dos à une partie du public, un peu à l’image de leurs personnages qui cachent tous une partie plus sombre de leur personnalité.

La disposition scénique semble être une métaphore de la pièce.

Tout est simple, de bon goût et parfaitement à sa place.

Mais en y regardant de plus près, on peut voir certains petits détails qui détonnent, telle cette poupée qui traîne sous le canapé.

Pourquoi je ne suis pas capable de sortir de mon personnage?

Critique sociale qui remettait les rôles traditionnels entre les femmes et les hommes en question, Une maison de poupée était révolutionnaire au moment de sa parution en 1879, causant un brin de scandale sur son passage.

L’adaptation de Rébecca Déraspe s’imprègne de l’air du temps, et en fait une pièce résolument moderne.

Quand Nora réalise qu’elle ne sait ni ce qu’elle est, ni qui elle est, après l’avoir vu jouer la femme-objet parfaite pendant plus de 90 minutes, son discours, une fois qu’elle prend conscience de sa condition, n’en est que plus désarmant.

Et quand elle se demande « Pourquoi je ne suis pas capable de sortir de mon personnage? », on sent toute la profondeur de son désarroi.

Marie-Pier Labrecque joue parfaitement bien toute la gamme d’émotions de cette Nora qui se questionne soudainement sur le vide de sa vie.

Une maison de poupée, écrite il y a 140 ans mais contemporaine

Peut-être que cette pièce, écrite il y a 140 ans, est plus contemporaine maintenant que lors de sa création.

Dans notre monde illusoire et « instagrammable », le paraître et le superficiel règnent en maîtres.

Le texte nous fait réaliser qu’on peut être prêt à beaucoup de sacrifices afin d’aider les gens qu’on aime mais qu’à vouloir cacher la vérité pendant trop longtemps, elle finit par nous exploser au visage.

Une maison de poupée, à voir absolument à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 29 mars.

Texte:  Henrik Ibsen

Adaptation: Rébecca Déraspe

Mise en scène:Benoît Rioux

Distribution: Kim Despatis, Marie-Pier Labrecque, Simon Pierre Lambert, Mathieu Lepage, Jean-René Moisan

Crédit photos: Maxim Paré Fortin

Rédaction: Tan Bélanger