Au grand plaisir des spectateurs Vendre ou rénover : combat théâtral autour des classiques de la dramaturgie était de retour pour une 3e édition. Ce spectacle coproduit par le Jamais Lu, le Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et “Nous sommes ici” était présenté les 13 et 14 décembre au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui. Retour sur cette soirée qui n’a laissé personne indifférent.

Cette joute verbale imaginée et conçue par Alexandre Fecteau a été créée pour répondre à la question suivante : Devrait-on vendre (c’est-à-dire ne plus monter l’œuvre) ou rénover (c’est-à-dire la faire revivre) les 4 classiques du théâtre québécois présentés ?

Huit acteurs (4 dans chaque clan) ont été invités à s’affronter devant quatre juges, pour décider du destin des pièces choisies.

Auteurs et comédiens

Jocelyn Pelletier et Philippe Boutin se sont affrontés sur La Déposition d’Hélène Pedneault.

Isabelle Hubert et Mathieu Gosselin ont débattu au sujet de la pièce Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau.

Marianne Dansereau et Édith Patenaude ont argumenté sur Le temps sauvage d’Anne Hébert.

Le sort de l’œuvre Le bateau que Dieu sait qui avait monté et qui flottait comme il pouvait, c’est-à-dire mal de Alain Pontaut était, quant à lui, dans les mains de Sarah Berthiaume et Justin Laramée.

Le joyeux tribunal

C’est à  Martin Faucher, directeur artistique du Festival TransAmériques, Brigitte Haentjens, directrice artistique de Sibyllines, Mario Cloutier, journaliste culturel à la Presse et Émilie Perreault, chroniqueuse arts et spectacles à l’émission Puisqu’il faut se lever, que revenait la décision ultime de vendre ou rénover les 4 œuvres.

En plus d’avoir chacun une œuvre à juger, ils étaient invités à se prononcer sur les performances des auteurs.

Malgré le sérieux de leurs fonctions respectives et le mandat qui leur était donné, le ton des juges était aussi à la rigolade.

Pour ajouter à la folie de la soirée, l’ambiance sonore venait d’un répertoire musical complètement éclectique composé de chansons qui étaient numéro un au palmarès alors que les pièces ont été créées.

Les étoiles du match

Philippe Boutin a bien faire rire les spectateurs avec son idée de monter une version tryptique de  La Déposition se déroulant, entre autres, dans un cinéma et sur un court de tennis.

Puis, l’idée de Sarah Berthiaume d’explorer le personnage de Pervenche avec un regard féministe était tout aussi drôle que brillante.

Toutefois, c’est Justin Laramée qui a volé la vedette avec son argumentaire étoffé mais désopilant en faveur de la rénovation de la pièce au titre interminable d’Alain Pontaut. Son moratoire « Lis donc les autres au lieu de t’écrire des rôles » a déclenché l’hilarité générale.

Les informations concernant les œuvres, les auteurs et les juges se trouvent sur le site web du Théâtre d’Aujourd’hui.

Espérons que ce happening théâtral qui gagne vraiment à être connu devienne vite une tradition annuelle.

Crédit-photos : David Ospina