L’univers des junkies s’empare du théâtre Prospero avec Trainspotting. Une pièce qui nous aspire brutalement dans les bas-fonds d’un groupe d’héroïnomanes. Pendant une heure et demie, les spectateurs sont plongés sans aucun répit dans un monde tordu. Une track de coke puis vient le shoot d’héroïne.

Adapté du roman du même nom publié en 1993 par Irvine Welsh puis réalisé au cinéma en 1996 par Dany Boyle, Trainspotting décrit les péripéties de Mark Renton (Lucien Ratio) qui erre avec ses amis dans une banlieue d’Édimbourg, en Écosse. Cassés financièrement, révoltés, désabusés, refusant d’entrer dans le moule que la société leur propose, ils ont trouvé refuge dans l’univers de la drogue, croyant rendre leur existence plus supportable.

« Le smack, c’t’une drogue honnête parce qu’a t’enlève tes illusions. Ça m’fait croire qu’les choses sont plus vraies. » 

Au début de la pièce, on rigole, on rit … Les amis sniffent une track de cocaïne et leur bavardage animé par la coco est imagé et farfelu. Puis viennent les shoots d’héroïne, les overdoses, le sevrage et la mort. On glisse alors vers l’insupportable, la descente aux enfers.

Avec un langage cru, les cinq comédiens Lucien Ratio, Claude Breton-Potvin, Charles Étienne Beaulne, Jean-Pierre Cloutier et Martin Boily nous en font voir de toutes les couleurs. Ils nous offrent une performance intense et intelligente, tout au long de la pièce. Un jeu d’acteurs qui demande à coup sûr une énergie considérable!

L’habile et puissante mise en scène, signée Marie-Hélène Gendreau, et la traduction de Wajdi Mouawad, qui utilise le joual et une violence verbale inouïe, nous font ressentir le profond désespoir, la misère et le désœuvrement de l’univers des junkies.

Quant au décor Trash signé Jean-François Labbé, aux éclairages et jeux de lumière de Hubert Gagnon et à la conception sonore d’UBerko, ils viennent renforcer avec efficacité l’atmosphère de déchéance dans laquelle évoluent nos anti-héros.

Sans aucun doute, la pièce Trainspotting ne vous laissera aucunement indifférents. Elle est à l’affiche jusqu’au 14 mai.

Dans une interview accordée l’an dernier, le cinéaste laissait entrevoir qu’il tournerait en 2016 la suite de Trainspotting qui marqua au fer rouge les années 1990. A suivre…