Après le succès obtenu l’an passé, la pièce Un tramway nommé désir reprend l’affiche à Espace Go jusqu’au 13 février. Ce classique de l’américain Tennessee Williams écrit dans les années 40 est mis en scène de façon remarquable par Serge Denoncourt, hors des conventions.

La phrase « L’absence de désir c’est la mort » écrite en gros caractères sur la scène donne d’entrée de jeu le ton au déroulement de la pièce de 120 minutes. Un huis clos où existent une violence verbale et physique et un profond désarroi dans une sexualité et une sensualité débridées.

Un tramway nommé désir, qui fait référence au service de tramway qui passe sur la rue Desire dans la ville de Nouvelle-Orléans, raconte l’histoire de Blanche DuBois (Céline Bonnier) qui arrive chez sa sœur Stella (Magalie Lépine-Blondeau) habitant dans un appartement minable. Stella est mariée à Stanley (Patrick Hivon), un ouvrier polonais au caractère bouillant et à la testostérone gonflée à bloc. Ce qui devait être qu’une halte de quelques jours se transforme en un long séjour qui n’en finit plus.

L’intrusion de Blanche dans l’intimité du couple crée une tension de plus en plus difficile à contenir. Déchirée entre son besoin de préserver les apparences et son incessant désir de plaire, Blanche chambarde tout.

La distribution se complète avec Jean-Moïse Martin, dans le rôle de Mitch, un ami de Stanley qui tombe amoureux de Blanche, et de Dany Boudreault, Tennessee Williams qui intervient de manière ponctuelle de manière à communiquer aux spectateurs le contexte, les états d’âmes de Blanche et certains détails des personnages.

Ces cinq comédiens nous offrent une performance engagée et intelligente, mais la palme revient à Céline Bonnier qui campe admirablement son personnage de névrosée et qui sait se transformer avec justesse au fur et à mesure que Blanche glisse dans la folie. La pièce repose en grande partie sur les épaules de cette grande comédienne.

https://www.youtube.com/watch?v=fAWNgp63bRU