C’est hier soir  à l’occasion du Festival TranSAmériques qu’avait lieu la première de la pièce Une île flottante / Das Weisse vom Ei de Christoph Marthaler.

Pour écrire cette pièce, le dramaturge suisse a choisi de revisiter La Poudre aux yeux, écrite en 1861 par Eugène Labiche, vaudevilliste prolifique et renommé. Il s’agit d’une comédie mettant en vedette les familles Malingear et Ratinois qui exagèrent volontairement leur statut social dans le but de conclure le mariage de leurs enfants, Frédéric et Emmeline.

Dans sa réécriture, Marthaler a décidé que chaque famille s’exprimerait dans une langue différente, le français pour les Malingear et l’allemand pour les Ratinois. Ce changement accentue l’incompréhension entre les deux familles et ajoute au comique de la situation. Par exemple, lorsque chaque famille décide de lire un texte dans la langue de l’autre avec un accent démesuré.

En plus de modifier le texte, celui qu’on surnomme le maître du temps a aussi joué avec le rythme de la pièce. Chaque intervention d’un personnage est faite lentement et d’un air impassible, puis suivie d’un long silence. Si, au début de la pièce la patience du spectateur est mise à rude épreuve, on finit bien vite par s’habituer à ce ralenti qui nous permet d’observer les personnages et de rire de leurs travers.

Enfin, quoi de mieux que le burlesque pour accentuer ces défauts et ajouter au ridicule de la situation? Le jeu des comédiens est très physique. Par exemple, le public rit de bon cœur lorsque certains des personnages restent prisonniers de leurs chaises et tentent par toutes sortes de cascades de s’en libérer. Un des hommes perdra même son pantalon dans l’entreprise.

C’est une pièce qui aurait fort probablement fait fureur au défunt Théâtre des variétés.

Deux autres représentations ont lieu ce soir et demain à 20 h, au Théâtre Jean-Duceppe de la Place des Arts.

Cérdit photos : Simon Halls