Depuis la semaine dernière et jusqu’à la fin du mois de janvier, le Monument National accueille diverses productions faisant partie de la saison 2015-2016 de Tangente.  Du 28 au 31 janvier, sont présentés Exister encore et Du doute des uns, deux spectacles qui sortent des sentiers battus.

D’abord, Maryse Damecour propose sa création Exister encore. Seule sur scène, elle se donne le défi de reproduire 331 mouvements en 30 minutes. Elle n’a pour seul décor qu’un chronomètre, d’immenses feuilles sur lesquelles sont inscrits les mouvements, une table sur laquelle est posée une déchiqueteuse, et une poubelle.

Tous ces éléments sont d’ailleurs savamment intégrés à la chorégraphie. Très vite, elle gagne le public grâce à son humour et sa créativité. Les spectateurs la suivent avec attention, espérant qu’elle réussisse. Sa cadence, qui augmente avec le temps qui s’écoule, essouffle et captive à la fois. Le chronomètre semble sonner la fin du spectacle beaucoup trop rapidement.

Ensuite, « Je suis Julio » présente Du doute des uns. Cette œuvre est inspirée de doubting.us, une création web interactive dont le but était de créer le doute par la superposition aléatoire d’images et de textes. Avec cette même motivation, Ariane Boulet, Laurier Rochon et Gabriel Vignola ont ajouté mouvement, voix et musique à l’œuvre originale. Le résultat est absolument déconcertant.

Les personnages semblent appartenir à un monde dont eux seuls possèdent les codes et les repères. Très vite, l’auditoire se demande ce qui se déroule sous ses yeux. La confusion s’installe rapidement et s’intensifie à chaque nouveau tableau. On sort de ce spectacle complètement déboussolé en se demandant à quoi l’on vient d’assister. C’est donc mission accomplie pour ces créateurs.

Enfin, force est d’admettre qu’en raison de leur démarche artistique hors du commun et de leur contenu audacieux, ces deux spectacles cadrent parfaitement avec la mission de Tangente qui est d’offrir «  aux publics montréalais une programmation annuelle inédite, surprenante, et détonante d’artistes émergents ».