Après l’accueil triomphant de leur première œuvre, la troupe d’Exlibris est de retour avec un nouveau spectacle en co-production avec le Théâtre Denise-Pelletier. L’enfance de l’Art – doigts d’auteur de Marc Favreau, est un coup de chapeau empreint d’affection et de nostalgie à l’œuvre d’un auteur qui avait un talent « estrardinaire » pour jouer avec les mots.

D’entrée de jeu, le metteur en scène Nicolas Gendron a pris la scène avec son texte Sol au monde, pour faire part au public de toute l’admiration qu’il voue à Marc Favreau, par l’entremise de Sol. Puis, les gens familiers avec le personnage ont retrouvé avec bonheur les numéros originaux tels Le solide à terre, Faut faire l’enfant ou Les embarrassants abris.

À ces classiques, se sont greffés les textes de quatre habiles jeunes auteurs, soit Marie-Lise Chouinard, Annie Cloutier, David Leblanc et Anne-Marie Oliver. On a fait appel à leur plume pour illustrer des situations plus contemporaines. Ainsi, le printemps érable et l’élection d’un premier ministre fou des égoportraits ont été racontés à la manière de Sol, avec ses jeux de mots et autres figures de style caractéristiques.

Les créateurs ont su capter l’essence du monde de Sol, non seulement dans les textes spécialement créés pour l’occasion mais aussi dans les décors. Tout comme il détournait les mots pour en inventer de nouveaux, des objets du quotidien constituant le décor ont été utilisés à d’autres fins que leur vocation première.





Des draps accrochés sur une corde à linge ont par exemple servi d’écran. Une roue de vélo est quant à elle devenue une caméra et une brouette s’est transformée en lit.

La pièce met en vedette Maxime Beauregard-Martin, Isabeau Blanche, Gabriel Dagenais, Nicolas Gendron et Olivia Palacci. Outre ces jeunes comédiens talentueux, on note la participation spéciale de Marcel Sabourin et Clémence Desrochers. Le crépuscule des vieux est particulièrement émouvant lorsqu’interprété par cette dernière, une monologuiste chevronnée qui n’a plus rien à prouver.

L’enfance de l’Art – doigts d’auteur de Marc Favreau est un incontournable pour plonger – ou replonger – dans l’univers de ce clown clochard tant aimé du public québécois. À voir d’ici le 14 mars à la Salle Fred‑Barry.

Crédit-photos: Jean-Philippe Baril Guérard