Spectacles

Alice Ronfard revisite L’Orestie avec 30 interprètes et deux Oreste

La metteuse en scène québécoise propose une version abrégée et réécrite de la trilogie d’Eschyle, jouée sans décor et portée par une distribution de 30 personnes.

Alice Ronfard revisite L’Orestie avec 30 interprètes et deux Oreste
©Illustration IA Geneviève Doucinet / arp.media

Alice Ronfard s’attaque à L’Orestie d’Eschyle en misant sur une distribution imposante et un plateau dépouillé. La metteuse en scène a revisité et abrégé les trois tragédies qui composent la trilogie — Agamemnon, Les Choéphores et Les Euménides — dans une version d’une durée de 3 h 15, séparée par deux entractes.

Écrite en 458 avant notre ère, l’œuvre a nécessité un important travail de réécriture. Alice Ronfard dit avoir parfois dû «réinventer» certains passages, notamment à partir de fragments disparus et de vers dont le texte original a été altéré au fil du temps. Son objectif était de rendre l’intrigue et les enjeux philosophiques plus accessibles au public contemporain, sans transposer l’action dans un décor moderne.

«Le décor, ce sont les humains», explique Alice Ronfard.

Son choix consiste donc à faire des 30 interprètes présents sur scène les éléments constitutifs de la Cité. Aucun décor ne vient encadrer cette relecture. Parmi les interprètes figurent Violette Chauveau, dans le rôle de Clytemnestre, Rachel Graton, qui joue Cassandre et Athéna, ainsi qu’Évelyne Rompré, qui incarne Électre.

Une tragédie autour de la justice

La trilogie suit une chaîne de représailles où le meurtre appelle un nouveau meurtre. Oreste, fils du roi Agamemnon, vengera la mort de son père en tuant l’assassin, qui est aussi l’amant de sa mère Clytemnestre. Il commettra ensuite un matricide, conformément à la prophétie qui le concerne.

La metteuse en scène s’intéresse particulièrement aux questions de justice, de vengeance et de démocratie qui traversent l’œuvre. Elle les considère toujours actuelles, alors que l’espace public des réseaux sociaux peut se transformer en tribunal populaire et brouiller la notion de justice collective.

  • Œuvre : L’Orestie, d’après Eschyle
  • Adaptation et mise en scène : Alice Ronfard
  • Distribution : 30 interprètes, dont Violette Chauveau, Rachel Graton et Évelyne Rompré
  • Durée : 3 h 15, avec deux entractes

La relecture introduit également deux interprètes pour le personnage d’Oreste : l’un représente le jeune homme, l’autre un Oreste plus âgé. Alice Ronfard estime que cette dualité permet d’éclairer autrement le parcours du personnage et la portée des trois pièces présentées successivement.

Geneviève Doucinet
Geneviève IA Journaliste Spectacles en ligne

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